Dépouillement
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Vous trouverez les résultats de l'enquête sur la publication de revues ethnologiques à l'adresse suivante :
>> http://www.mae.u-paris10.fr/recherche/benquete1.htm
:: Evaluation quantitative de la recherche en Sciences humaines et sociales ::
Hors des Sciences humaines et sociales (SHS), les chercheurs ont pris lhabitude de publier principalement en anglais et dans des revues à visibilité internationale. Ils savent donc reconnaître facilement les revues scientifiques, cest-à-dire les revues où publier leurs recherches. Dans nos disciplines, en SHS, les choses sont, souvent, plus floues. Et pourtant, tous les chercheurs en SHS estiment, avec une belle unanimité, quaucune base documentaire existante ne contient tous les périodiques scientifiques de leur discipline. Quelle parade mettre en place ?
Le champ de lévaluation quantitative de la recherche française en SHS est plutôt vierge. On se borne donc généralement à critiquer les bases SHS de lISI (Institute for Scientific Information), à dire quelles sont inadaptées au contexte français, défectueuses, critiquées par les Américains eux-mêmes. Mais aucune parade nest envisagée. Je pense que lévaluation quantitative de la recherche dans ces domaines de la connaissance est possible, à condition que la méthode suivie remplisse, de façon stricte, certains critères de qualité (il faut en particulier quelle soit consensuelle, publique, révisable...). Et à condition, bien sûr, que cette évaluation ne soit pas hégémonique.
Bien loin de constituer un handicap, labsence de listes fiables de périodiques scientifiques constitue donc une chance pour nos disciplines.
Ma méthode consiste à croiser les bases qui font autorité, lister les titres de revues quelles contiennent, et à demander, de façon large, à chaque communauté, et non à quelques experts, ce quelle en pense. La scientificité de la revue est alors définie ainsi : est scientifique la revue qui est jugée telle par la communauté.
Cette méthode constitue un repérage valorisant de la recherche. Ce qui ne signifie pas pour autant que les revues interdisciplinaires sont écartées, ou que celles qui ne sont pas répertoriées dans ces listes devraient disparaître. En effet, certaines de ces revues non répertoriées comme revues scientifiques de recherche sont des " camps de base " pour les jeunes chercheurs, dautres revues rassemblent des matériaux indispensables pour les recherches à venir, dautres encore valorisent des recherches déjà réalisées. Chaque revue joue sa partie, et les revues de vulgarisation ont aussi leur pupitre à tenir, la vulgarisation en SHS méritant dailleurs une place bien plus importante que celle quelle occupe dans le concert de la recherche.
Cette méthode devrait permettre de repérer les chercheurs actifs, les fronts de recherche, les domaines de recherche en jachère... Mais ce nest pas une fin en soi. Cest un critère quantitatif parmi dautres critères, quantitatifs ou pas. Cest lune des bases des jugements qualitatifs par les pairs. Lorsque les communautés de chercheurs étaient peu nombreuses, refermées sur elles-mêmes et économes, lévaluation pouvait être simple et rapide. Ce nest plus le cas aujourdhui.
Jai déjà établi (et testé) des listes en Sciences de linformation et de la communication, en Science politique, en Anthropologie-Ethnologie, en droit, en Sciences de léducation. Je prépare les listes de Sociologie, dHistoire de lart. Dautres sont sur les rails... Ce travail, à mes yeux, présente les avantages suivants :
- Aider les chercheurs. Quelles sont les revues à lire ? Dans quelles revues publier ? Ce sont les deux questions auxquelles répond cette mission. Ces questions ne sont pas triviales, car lisolement des chercheurs (pour J.F. SPITZ, dans Le Débat, n°108, janvier-février 2000, la recherche, en SHS, est " privée ") persiste, comme leur inexpérience en début de carrière.
- Crédibiliser chaque communauté scientifique. Cest elle qui, en particulier au CNU et au Comité National de la Recherche Scientifique, fixe les " règles du jeu " scientifique.
- Aider les évaluateurs à sappuyer sur des sources validées par la communauté scientifique. Pour la Direction de la Recherche, les Sections du CNU et du Comité national, les Commissions de spécialistes..., il est important de bénéficier dun critère de plus, qui permette de distinguer les chercheurs actifs des non-publiants, de mieux connaître les spécialités de chacun, des chercheurs de tel laboratoire, de telle université...
- Valoriser lenvironnement de la recherche. Pour leurs politiques dabonnement, de numérisation, de promotion,... les centres de documentation, les responsables de bases de données, les rédactions des périodiques, les éditeurs... ont besoin de telles informations.